Un Destin Hors Norme
La vocation d'Osamu Tezuka se dessina sur les bancs de l'école primaire (1935) lorsque, moqué par ses petits camarades à cause de ses cheveux bouclés, il gagna leur respect en reproduisant fidèlement Norakuro et Fuku-Chan, deux célèbres héros de comics strip. Le père d'Osamu Tezuka, Yutaka, étant un grand fan de mangas, la bibliothèque familiale était donc remplie de modèles utiles à un artiste en herbe. Agé de dix et habitant dans la région de Takarazuka, le petit Osamu fut abonnée par sa maman au planétarium et au théâtre local. Se distinguant du Nô et du Kabuki, le théâtre Takarazuka se rapproche de l'opérette, tous les rôles étant interprétés par des femmes. Cette forme d'art eut sur Tezuka un énorme impact. Le jeune garçon commença d'ailleurs très tôt à croquer des pièces qu'il transforma en mangas dans ses cahiers de brouillon. Un autre tournant dans la vie du petit Osamu fut l'achat par son père d'un projecteur de films. Les bobines des courts et des longs-métrages de Walt Disney et de Charlie Chaplin s'entassant à la maison, il est impossible de savoir combien de fois Osamu a visionné ses classiques. Par contre, l'influence de ses films et l'amour de Tezuka pour le cinéma sont indubitables (il fut aussi un grand fan du cinéma britannique et hollywoodien), comme en attestera ses oeuvres à venir. Deux ans après l'entrée en guerre du Japon (1943), Tezuka doit accomplir son service militaire. Mais il est envoyé dans un camp d'entraînement spécial, et non sur un champ de bataille, en raison de sa forte déficience oculaire. Là-bas, il contracte une mycose maligne risquant de mener à l'amputation de ses deux bras. Tezuka est sauvé grâce à la compétence d'un médecin militaire zélé. Impressionné par le sang-froid et l'abnégation du praticien, il décide d'épouser la même vocation. Entrant à l'université de médecine à l'âge de 16 ans, Tezuka est enrôlé pour soutenir l'effort de guerre en travaillant comme manutentionnaire dans une usine fabriquant des munitions. Lors de chaque pose, entre chaque cours et pendant une grande partie de la nuit, Tezuka continue à dessiner des mangas. Il prend alors l'habitude de dormir seulement quatre heures. C'est d'ailleurs au cours d'un raid nocturne qu'il entra dans un cinéma pour voir le film d'animation Momotaro, dieu soldat des océans (Mitsuyo Seo), une fable, entre allégorie et oeuvre de propagande, décrivant les conditions de vie des marins japonais pendant la guerre. Suite à cette projection, germa dans l'esprit de Tezuka la volonté inébranlable de produire avant la fin de sa vie au moins un film d'animation tiré d'un manga. A la fin de la guerre, les forces d'occupation alliées investissent Takarazuka. Un jour, un soldat américain saoul aborda Tezuka. Ce dernier ne comprenant pas un mot d'anglais resta muet. Enervé, le militaire roua le jeune homme de coups. Cet incident où la violence fut engendrée par une déficience du processus de communication resta gravé dans le coeur de Tezuka, et devint l'un des thèmes récurrents de son œuvre.
La vocation d'Osamu Tezuka se dessina sur les bancs de l'école primaire (1935) lorsque, moqué par ses petits camarades à cause de ses cheveux bouclés, il gagna leur respect en reproduisant fidèlement Norakuro et Fuku-Chan, deux célèbres héros de comics strip. Le père d'Osamu Tezuka, Yutaka, étant un grand fan de mangas, la bibliothèque familiale était donc remplie de modèles utiles à un artiste en herbe. Agé de dix et habitant dans la région de Takarazuka, le petit Osamu fut abonnée par sa maman au planétarium et au théâtre local. Se distinguant du Nô et du Kabuki, le théâtre Takarazuka se rapproche de l'opérette, tous les rôles étant interprétés par des femmes. Cette forme d'art eut sur Tezuka un énorme impact. Le jeune garçon commença d'ailleurs très tôt à croquer des pièces qu'il transforma en mangas dans ses cahiers de brouillon. Un autre tournant dans la vie du petit Osamu fut l'achat par son père d'un projecteur de films. Les bobines des courts et des longs-métrages de Walt Disney et de Charlie Chaplin s'entassant à la maison, il est impossible de savoir combien de fois Osamu a visionné ses classiques. Par contre, l'influence de ses films et l'amour de Tezuka pour le cinéma sont indubitables (il fut aussi un grand fan du cinéma britannique et hollywoodien), comme en attestera ses oeuvres à venir. Deux ans après l'entrée en guerre du Japon (1943), Tezuka doit accomplir son service militaire. Mais il est envoyé dans un camp d'entraînement spécial, et non sur un champ de bataille, en raison de sa forte déficience oculaire. Là-bas, il contracte une mycose maligne risquant de mener à l'amputation de ses deux bras. Tezuka est sauvé grâce à la compétence d'un médecin militaire zélé. Impressionné par le sang-froid et l'abnégation du praticien, il décide d'épouser la même vocation. Entrant à l'université de médecine à l'âge de 16 ans, Tezuka est enrôlé pour soutenir l'effort de guerre en travaillant comme manutentionnaire dans une usine fabriquant des munitions. Lors de chaque pose, entre chaque cours et pendant une grande partie de la nuit, Tezuka continue à dessiner des mangas. Il prend alors l'habitude de dormir seulement quatre heures. C'est d'ailleurs au cours d'un raid nocturne qu'il entra dans un cinéma pour voir le film d'animation Momotaro, dieu soldat des océans (Mitsuyo Seo), une fable, entre allégorie et oeuvre de propagande, décrivant les conditions de vie des marins japonais pendant la guerre. Suite à cette projection, germa dans l'esprit de Tezuka la volonté inébranlable de produire avant la fin de sa vie au moins un film d'animation tiré d'un manga. A la fin de la guerre, les forces d'occupation alliées investissent Takarazuka. Un jour, un soldat américain saoul aborda Tezuka. Ce dernier ne comprenant pas un mot d'anglais resta muet. Enervé, le militaire roua le jeune homme de coups. Cet incident où la violence fut engendrée par une déficience du processus de communication resta gravé dans le coeur de Tezuka, et devint l'un des thèmes récurrents de son œuvre.
