手塚治虫

手塚治虫
Bon et bien étan donné qu c'est un blog dédiée a OSAMU TEZUKA je vais refaire la biographie, cette fois beaucoup plus compléte que sur mon autre blog. Bonne lecture. ^^

Bon je vais commencé avec le sommaire : il sera mis a jour régulièrement.



SOMMAIRE



Page 1 : Biographie compléte, bibliographie ( française et japonaise ), Filmographie ( films, séries animé... ).

# Posté le samedi 23 septembre 2006 19:46

Osamu Tezuka, Dieu et Père Des Mangas Modernes

Osamu Tezuka, Dieu et Père Des Mangas Modernes
Osamu Tezuka, Dieu et Père des mangas modernes



Né le 3 novembre 1928 à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka, Osamu Tezuka n'est pas le pionnier de la bande dessinée japonaise, titre revenant de droit à Rakuten Kitazawa (1876-1955), mais il est celui dont le coup de crayon et les coups de génie ont, sitôt après la guerre, donné à l'industrie du manga ses nouvelles fondations, celui dans lequel plusieurs générations ont reconnu leur maître. Ses travaux ont bercé des auteurs comme Hayao Miyazaki et Katsuhiro Otomo, tous deux reconnaissant que se sont les mangas d'Osamu Tezuka qui leur ont transmis l'envie de conter et la vocation artistique. "J'ai toujours eu la plus grande admiration pour les mangas d'Osamu Tezuka. Sa rigueur et sa force créatrice m'ont beaucoup diverti et impressionné aussi. Ses travaux demeurèrent longtemps ma référence absolue". Hayao Miyazaki.

Artiste fécond, Tezuka a laissé une oeuvre défiant le recensement, sans doute la plus vaste du monde. Dans chacune de ses planches éclate un talent débonnaire et généreux, celui d'un homme simple s'amusant en dessinant, laissant courir au fil de la plume son imagination et sa culture débordante. La générosité de Tezuka était celle d'un agitateur et d'un humaniste soucieux d'exprimer sous mille travestissements une même idée : "Aimez-vous les uns les autres. Aimez toutes les créatures. Aimez tout ce qui est vivant". Au cours de sa carrière, Tezuka va adapter, réinventer et rendre de vibrants hommages à des mythes cinématographiques et littéraires aussi divers que King Kong, Pinocchio, Le Tour du Monde en 80 Jours, Blanche Neige ou Crime et Châtiment de Dostoïevsky... Pourtant, l'oeuvre de Tezuka demeure infiniment personnelle. Elle adopte souvent des allures de méditation sur la nature de la destinée humaine. La sincérité des messages véhiculés va frapper énormément d'artistes à travers le monde, qui n'auront de cesse d'exprimer à Tezuka leur admiration, leur reconnaissance. Face à l'adversité, à la faillite ou à la maladie, Tezuka a toujours su, sans se renier, hisser de plusieurs crans ses ambitions narratives déjà élevées. Quand les critiques pensaient que son talent s'essoufflait, il leur a systématiquement répondu en enfantant une oeuvre servant aujourd'hui encore de phare pour les jeunes générations. "Le monde indifférent dans lequel nous vivons, devient, grâce à la contribution de l'amour et de l'art, plus heureux et plus généreux. Osamu Tezuka est un artiste qui déborde d'amour, dont les films d'animation, de la première à la dernière image, respirent la bonté. Nous l'avons perdu. Mais nous pouvons toujours sentir dans notre c½ur sa fougue, sa passion et sa générosité, car son art est vivant. Nous devons regarder ses films. Nos enfants doivent les regarder. Les enfants de nos enfants devront les regarder. Pour rencontrer le grand maître, l'homme remarquable qu'est Tezuka Osamu, et pour être heureux". d'Edward Nazarov.

On trouve peu d'exemples dans l'univers de la bande dessinée et du cinéma d'animation d'un auteur parvenu au sommet de la popularité et qui, loin de se contenter de gérer à satiété les mêmes personnages, se soit constamment fixé de nouveaux objectifs. Curieux, avide de s'essayer à toutes les aventures artistiques, Tezuka aborda tous les genres, du drame classique à la science fiction la plus débridée, avec un bonheur et un égal succès. Le plus surprenant, pour un lecteur européen, est qu'il parvienne à faire rire ou pleurer, réfléchir ou divertir, en conservant exactement le même coup de crayon, un style convivial, moelleux et rebondi ! Considéré dans son pays et de son vivant comme le "Dieu des mangas", en atteste le gigantesque musée construit à son oeuvre (elle aussi immense) et à sa gloire, Tezuka demeurera à jamais un grand auteur populaire, un homme ayant influencé de manière décisive la destinée d'un art (l'animation), d'une industrie (les mangas) et d'une culture (celle du Japon). "Si on admire son inépuisable capacité à inventer et son savoir-faire, on est parfois moins enclin à reconnaître au premier coup d'oeil une profondeur thématique, ni des ambitions véritablement artistiques à l'oeuvre de Tezuka. Bien sûr, on a tort. Un film sans image n'est plus le même film. L'art du cinéma d'animation sans Tezuka Osamu n'est plus le même art". Bruno Bozzetto.
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# Posté le samedi 23 septembre 2006 19:52

Un Destin Hors Norme

Un Destin Hors Norme
Un Destin Hors Norme



La vocation d'Osamu Tezuka se dessina sur les bancs de l'école primaire (1935) lorsque, moqué par ses petits camarades à cause de ses cheveux bouclés, il gagna leur respect en reproduisant fidèlement Norakuro et Fuku-Chan, deux célèbres héros de comics strip. Le père d'Osamu Tezuka, Yutaka, étant un grand fan de mangas, la bibliothèque familiale était donc remplie de modèles utiles à un artiste en herbe. Agé de dix et habitant dans la région de Takarazuka, le petit Osamu fut abonnée par sa maman au planétarium et au théâtre local. Se distinguant du Nô et du Kabuki, le théâtre Takarazuka se rapproche de l'opérette, tous les rôles étant interprétés par des femmes. Cette forme d'art eut sur Tezuka un énorme impact. Le jeune garçon commença d'ailleurs très tôt à croquer des pièces qu'il transforma en mangas dans ses cahiers de brouillon. Un autre tournant dans la vie du petit Osamu fut l'achat par son père d'un projecteur de films. Les bobines des courts et des longs-métrages de Walt Disney et de Charlie Chaplin s'entassant à la maison, il est impossible de savoir combien de fois Osamu a visionné ses classiques. Par contre, l'influence de ses films et l'amour de Tezuka pour le cinéma sont indubitables (il fut aussi un grand fan du cinéma britannique et hollywoodien), comme en attestera ses oeuvres à venir. Deux ans après l'entrée en guerre du Japon (1943), Tezuka doit accomplir son service militaire. Mais il est envoyé dans un camp d'entraînement spécial, et non sur un champ de bataille, en raison de sa forte déficience oculaire. Là-bas, il contracte une mycose maligne risquant de mener à l'amputation de ses deux bras. Tezuka est sauvé grâce à la compétence d'un médecin militaire zélé. Impressionné par le sang-froid et l'abnégation du praticien, il décide d'épouser la même vocation. Entrant à l'université de médecine à l'âge de 16 ans, Tezuka est enrôlé pour soutenir l'effort de guerre en travaillant comme manutentionnaire dans une usine fabriquant des munitions. Lors de chaque pose, entre chaque cours et pendant une grande partie de la nuit, Tezuka continue à dessiner des mangas. Il prend alors l'habitude de dormir seulement quatre heures. C'est d'ailleurs au cours d'un raid nocturne qu'il entra dans un cinéma pour voir le film d'animation Momotaro, dieu soldat des océans (Mitsuyo Seo), une fable, entre allégorie et oeuvre de propagande, décrivant les conditions de vie des marins japonais pendant la guerre. Suite à cette projection, germa dans l'esprit de Tezuka la volonté inébranlable de produire avant la fin de sa vie au moins un film d'animation tiré d'un manga. A la fin de la guerre, les forces d'occupation alliées investissent Takarazuka. Un jour, un soldat américain saoul aborda Tezuka. Ce dernier ne comprenant pas un mot d'anglais resta muet. Enervé, le militaire roua le jeune homme de coups. Cet incident où la violence fut engendrée par une déficience du processus de communication resta gravé dans le coeur de Tezuka, et devint l'un des thèmes récurrents de son ½uvre.
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# Posté le samedi 23 septembre 2006 20:27

Premiers Pas Professionnels

Premiers Pas Professionnels
Premiers Pas Professionnels



En 1946 Tezuka a déjà dessiné plus de 3000 pages de bédés. Etudiant brillant, il continue pourtant d'esquisser des mangas en classe, au point de décrocher à 17 ans une place de rédacteur permanent pour le quotidien Shôkokumin Shimbun (le journal du jeune citoyen), où il publia sa première bande dessinée professionnelle, Le Journal de Ma. L'année suivante, toujours parallèlement à son travail d'ouvrier et à ses études de médecine, Tezuka est pris d'une véritable fièvre créatrice. Il tire alors parti des procédés cinématographiques dont il s'est abondamment nourri : composition audacieuse, mise en images en vignettes donnant au lecteur des perspectives inédites, découpage hérité du story-board, développement rapide du récit, théâtralité augmentant l'impact des instants tragiques et traitement de sujets adultes non édulcorés... Le résultat produit se nomme La Nouvelle Ile au Trésor. Le volume se vend en quelques mois et dans un pays détruit où la population peine à trouver l'argent nécessaire pour se nourrir, à plus de 400.000 exemplaires, soit dix fois plus que tout autre succès de librairie. Caractéristiques essentielles de la patte de Tezuka, le mélange des registres, le métissage des cultures et des mythologies du monde entier donnent ici naissance à un cocktail explosif. Tezuka est alors sollicité de toute part, il devient une publicité vivante pour les magazines pré-publiant des mangas, mais n'abandonne pas ses études de médecine et réalise un nouveau rêve en décrochant un poste de critique de cinéma (il écrira des articles sur le sujet jusqu'à la fin de sa vie). Bien que son style graphique soit vivement blâmé par les ²anciens², l'artiste dessine près de 100 pages de bédés par mois, et son triomphe ne se dément pas. Puisant à satiété dans sa très riche culture cinématographique, comme le prouve trois de ses premières oeuvres, Lost World, Metropolis et Le Monde à venir, Tezuka s'octroie logiquement dans l'histoire des mangas une place d'importance égale à celle de David Ward Griffith dans l'histoire du cinéma. Il introduit la notion de montage et de rythme dans la bédé japonaise ainsi qu'un certain nombre de techniques qu'Hollywood essaya de fixer dans les années 10 : adoption du gros plan, de l'angle de vue et du panoramique, changement libre de la distance de prise de vues entre deux vignettes... Tezuka utilise aussi ses personnages comme des acteurs. Avant de réaliser une bédé il ²cast² littéralement ses créatures, n'hésitant pas à faire réapparaître les mêmes têtes d'ouvrage en ouvrage dans des rôles complètement différents (processus qu'il nomma Star System, ou actor studio). Ces techniques finissent par être appréciées par tous les créateurs de sa génération, qui vont les adopter, changeant ainsi littéralement le visage des mangas japonais. A titre d'exemple isolé nous pouvons citer les fameux ²gros yeux², que Tezuka emprunta à Disney pour, comme lui, rendre ses personnages plus expressifs. Ainsi, un seul homme, pas encore âgé de 20 ans, a défini les standards de production et de qualité d'une industrie qui est aujourd'hui, et de loin, la plus importante du monde en terme de création d'images dessinées (8 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel pour plus de 2,5 milliards d'ouvrages imprimés par an).
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# Posté le samedi 23 septembre 2006 20:31

La Légende Continue...

La Légende Continue...
La Légende Continue...



En 1950 Tezuka publie, entre autres travaux, le Roi Léo *1, l'une de ses oeuvres les plus populaires, qui est aujourd'hui encore l'emblème d'une célèbre équipe de base-ball et d'une grande compagnie ferroviaire. A l'âge de 24 ans il obtint son diplôme de médecin, qu'il validera définitivement 8 années plus tard en soutenant une thèse sur ²la membrane des spermatozoïdes atteints de malformations². Tezuka est alors au fait de sa gloire. Son manga Le Chevalier au Ruban (publié de 1953 à 1956), plus connu en France sous le nom de Princesse Sapphire, établit de manière définitive les règles du shojo manga (bande dessinée pour filles dont le chiffre d'affaire annuel excédait en 2000 trois milliards d'euros !). L'engouement suscité par Princesse Sapphire fut tel que les idées véhiculées dans ce récit ont été recopiées par tous les auteurs désireux de travailler dans le domaine du shojo manga. Délaissant, une fois n'est pas coutume, la mise en image cinématographique, Tezuka adopta dans cette bédé l'esthétique et le rythme du théâtre Takarazuka. Se faisant, son ambition était d'injecter l'action et la vitalité caractéristiques des mangas pour garçons dans une bande dessinée pour filles. C'est ainsi que les grands yeux, les personnages témoins, le personnage mannequin, le thème de l'histoire d'amour romanesque transposée dans un lieu exotique, l'ambiguïté sexuelle et physique concernant l'identité du héros/héroïne, s'imposèrent instantanément en stéréotypes incontournables. Même le "macro" phénomène des "idoles" (starlettes poussant la chansonnette pour faire vendre des voitures ou de la pâté pour chiens) trouva un point de départ dans Princesse Sapphire. Bien sûr, le génie et l'abnégation de Tezuka finirent par faire de lui une cible privilégiée pour les quolibets. Cette situation eut de positif que tous les jeunes artistes rivalisèrent d'inventivité pour "abattre" le maître qui, compétiteur né, ne s'en laissa pas compter. Cette saine émulation favorisa énormément le développement de l'industrie du manga. Le revers de la médaille fut que le rythme de travail acharné (il a déjà écrit plus de cent volumes) et les fortes sommes d'argents gagnées par Tezuka ne correspondant pas à son niveau de vie très modeste, il fut accusé de mener une vie licencieuse. Le gouvernement censura même plusieurs de ses mangas sous des prétextes fallacieux , car il craignait que le pouvoir médiatique de l'auteur ne se transforme en force politique. En effet, durant toute sa carrière, Tezuka s'amusa à célébrer la vie, l'antimilitarisme, l'écologie et la nature. Par contraste, le scientisme, l'économisme et les déterminismes de toutes eaux furent systématiquement plongés dans les abîmes de perplexité du maître. Evidemment, l'ascétisme de Tezuka n'était pas la conséquence d'actes honteux ou d'ambitions machiavéliques. En fait, il économisait d'énormes sommes d'argent pour être en mesure de réaliser une utopie : monter un studio indépendant d'animation afin de donner un écho animé à ses rêves d'encre et de papier. Aussi, dès 1958, et parallèlement à toutes ses autres activités, Tezuka travailla avec la Toeï sur différents projets, notamment comme scénariste. Finalement, un de ses mangas, Saiyuki fit l'objet d'une adaptation cinématographique. Ce conte inspiré par la légende du singe Sun Wukong sera diffusé aux USA dans une version tronquée (déjà !), l'année même de sa sortie au Japon (1960). D'autre part, cette collaboration avec la Toeï fut le lieu de nombreuses divergences d'opinion (artistiques notamment), qui confortèrent Tezuka dans son souhait de fonder son propre studio. Mushi Productions naquit en 1961. Au départ, le staff de Mushi Productions n'est composé que de six personnes, qui ont réalisé l'essentiel du premier film du studio, un court-métrage de 38 minutes nommé "Les Histoires du Coin de la Rue". Cette oeuvre au caractère social déjà bien trempé décrit de croustillantes tranches de la vie dans un Japon à l'aube de la période industrielle. Il est à noter que ce film, bien que racontant la vie de plusieurs individus, ne représente à aucun moment les personnages dont le narrateur évoque l'existence. Le succès fut immédiat, et Mushi Productions draina et forma alors un grand nombre de jeunes talents, parmi lesquels un certain Rintarô ( Metropolis )...

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 05:43